Châteaurenard en Provence.
Feria de Châto 2009

Cette fois, Sanchez Vara tire son épingle du jeu

Les arènes étaient pleines à moitié pour la répétition du cartel de l'an passé
Avec trois oreilles coupées sur l'ensemble de la corrida Sanchez Vara, toujours sérieux, est le triomphateur de l'après-midi. Il a croisé âpreté et noblesse, et a su en tirer parti.

Pour le 20e anniversaire de la Feria, hier, la peña Joselito avait choisi de répéter intégralement le cartel triomphal de l'an passé. Bien consciente, cependant, qu'il serait difficile de refaire l'histoire. La corrida n'a pas atteint les sommets passés, mais elle n'a pas manqué d'intérêt.

Dans le sillon de Cantino, toro de Los Bayones indulté en 2008, le sixième sorti (nº40, 510kg), a marqué les esprits: il a été honoré d'une vuelta posthume après deux piques et en ayant révélé une noblesse rythmée dans la muleta, hier très experte, de Sanchez Vara. Le premier, combattu par Ferrera, a aussi été chaleureusement applaudi à l'arrastre (une seule pique, trop lourde, l'a handicapé alors qu'il semblait posséder une belle charge). Dans un encierro globalement brave au cheval (même si le public ne l'a apprécié qu'à doses homéopathiques : 9 rencontres avec la cavalerie Bonijol), deux toros émergent, mais en d'autres mains il y aurait pu en avoir plus.

Exception doit être cependant faite du 3e, échu à Sanchez Vara. Dans le fief provençal du rugby, celui-là avait une tête de bagarreur (et des cornes "généreuses" comme l'ensemble du lot), il s'en est servi, comme on entre dans une mêlée pour fracasser les planches. D'une brutalité sourde, il a surtout révélé la détermination et le sang froid de Vara. L'an passé, Ferrera et Serrano avaient brillé, hier, c'est lui qui a donné le meilleur. Puissant et engagé aux banderilles, il n'a pas failli avec le 3e donc, mais a surtout magnifiquement profité de l'excellent 6e qui est allé "a mas". Il a arrondi les passes, profiter de la charge. Un plaisir.

On ne peut pas en dire autant de Ferrera. Malin guerrier, plus droitier que gaucher, il n'a pas exploité à 100% son 1er… Son second, plus querencioso, plus distrait aussi, a réagi aux toques mais a eu tendance à s'échapper. Ferrera n'a pas poussé ses talents pour le retenir.

Marc Serrano a hérité d'un premier s'éteignant dans la faena mais conciliant, il s'est montré sincère, de la mise en suerte à la pique jusqu'à la tentative de recibir. Face au 5e, le seul à encaisser 3 piques (peut-être une de trop !), le Nîmois a dû composer avec un toro distrait dont il ne parviendra pas à améliorer les défauts. L'épée est laborieuse, avec un adversaire affaibli. De toute la course la meilleure estocade revient à Vara, avec le 6e.

Par Julie Zaoui (20/07/2009, La Provence)